Bientôt 70 ans !
Créé par décret le 16 octobre 1957 au moment où les colonies françaises d'Afrique du Nord et d'Asie du Sud-Est acquièrent leur indépendance, l'Institut d’étude du développement économique et social (IEDES) est avec la Queen Elizabeth House (l'actuel Department of International Development) de l’Université d'Oxford, le plus ancien institut d’étude du développement.
Dans les années 1960, l’IEDES se situe dans une conception humaniste de « libération de l'homme par l'homme » prenant en compte l'ensemble de ses composantes sociales, culturelles et économiques. Le développement doit être conduit, dans une planification s'inspirant du keynésianisme, par les institutions nationales et internationales, et l'Institut s'attache donc essentiellement à former les cadres de ces institutions.
Après 1968, alors que le conflit interne qui a conduit à l'éviction du directeur François Perroux ouvre une période de grande précarité institutionnelle, l'IEDES se tourne plutôt vers la formation d'enseignants et de chercheurs, et plus largement d'intellectuels militants. Cela se fait notamment dans le cadre de conceptions fortement marquées par le courant « dépendantiste » et le marxisme et dans lesquelles prennent une grande place les luttes de libération et les politiques de substitution aux importations.
Dans les années 1980, les institutions financières internationales imposent aux pays du Sud des politiques d'inspiration néolibérale axées sur le retrait de l'État et l'ouverture économique, et la critique des programmes d’ajustement structurel marque alors les enseignements et les recherches de l'IEDES.
En 1990, l'IEDES voit enfin s'améliorer sa situation institutionnelle: il est reconnu comme Institut à statut dérogatoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, son organisation actuelle est mise en place et il renforce ses liens de coopération avec d'autres centres de recherche et d'enseignement sur les pays du Sud. Alors que s'accélèrent les processus de mondialisation et de délitement des États nationaux, les enseignements de l'IEDES s'orientent de plus en plus vers la formation de cadres ou experts des organisations dites non-gouvernementales et des opérations de coopération dite décentralisée, qui entreprennent des projets visant à réduire la pauvreté, à satisfaire les besoins essentiels, à protéger l'environnement et les écosystèmes.
Il est important de souligner que dans le domaine de la recherche les équipes de l'IEDES ont très souvent joué un rôle pionnier: notamment dans les années 1960 et 1970 en ce qui concerne l'économétrie du développement (B. Maldant) et l'économie de l'éducation (M. Debeauvais et I. Deblé), et depuis lors en ce qui concerne l'analyse comparative des politiques économiques, la nature et les fonctions du « secteur informel », les organisations paysannes et la société civile, ou encore la sociologie du développement.
En 2018, l'IEDES devient l'Institut d'études du développement de la Sorbonne, tout en conservant son acronyme.